Mortal Kombat sur Megadrive

melkiok

Par Melkiok

J’ai toujours adoré les jeux où l’on se tape dessus. Non je ne vais pas m’allonger tout de suite pour une psychanalyse à deux balles sur une rage où une colère d’enfance refoulée 🙂 c’est juste un fait : Renegade, Target Renegade, Yie Ar Kung Fu, Barbarian, Streets of Rage, Golden Axe, Street Fightertant de titres cultes auquel j’ai pu m’adonner

Si l’on couple ceci avec mon amour pour le gore et le bizarre (coucou le petit article sur les Jeudis de l’angoisse) alors toute la suite de cet article va faire sens.

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Du coup quand on me présente un jeu de baston avec pour principale originalité le gore et l’ultra-violence mon sang ne fait qu’un tour et je me mets à attendre le messie en trépignant d’impatience. Rajoutez à ça une belle couche de graphisme inédit cf de la digitalisation à foison et l’on peut dire que j’étais impatient que les grandes vacances d’été se terminent ! Et autant dire que le sujet rentrée des classes va bien vite passer au second plan.
Voici une rapide petite histoire sur la genèse du jeu :

 

Reprenant un concept vu dans le piteux Pit Fighter (ok c’est nul) une société du nom de Midway trouve que le succès de Street Fighter 2 ouvre une brèche dans laquelle il serait bon de s’engouffrer. Deux de leur développeurs stars ont de plus l’idée de faire un jeu mettant en scène ce bon vieux JCVD.
Cela aboutit en 1992 à la sortie du jeu Mortal Kombat qui devient bien vite un petit séisme dans le monde de l’arcade.


On se presse autour de ce jeu disruptif à souhait d’où les cris de douleurs retentissent pour s’affronter dans des joutes suintant l’hémoglobine et le scandale.
Bien vite un portage console est mis sur pied et c’est le 13 septembre très précis en sortie mondiale (ce qui est une grande première c’est dire l’importance du jeu !) que le titre déboule sur nos bonnes vielles 16 bits.

Mettant en scène 7 Kombattants ma foi d’une belle variété, hormis l’arnaque SubZero/Scorpion qui sera par la suite décliné parmi toute la gamme de coloris pour justifier de nouveaux persos, on nous dépeint ici un univers se composant de 18 royaumes et dont les citoyens d’un royaume ne peuvent en envahir un autre qu’après avoir battu son champion au tournoi Mortal Kombat.

3sgpiwsx4dq01La mythologie ne cessera de s’enrichir et de se complexifier au fur et à mesure des nombreux épisodes canoniques et annexes (13 en tout). En tout cas je n’ai jamais vu une telle attention dans un jeu de combat pour justifier qu’on se foute tout simplement sur la tronche et à ce degré de raffinement scénaristique si je puis dire est assez grotesque et admirable (cf les 45 pages Wikipedia sur le sujet).

Les tests des portages consoles paraissent donc dans les numéros de septembre 93 au sein de mes bibles Joypad (dont la couv est aux couleurs du jeu d’ailleurs) et Console + et j’éructe !

CapturePour une fois la version à privilégiée se situe du côté de SEGA !
On avait été gâté cette année de ce point de vue la d’ailleurs voir Aladdin huhu
Et donc malgré les graphismes largement plus polishé sur Super Nintendo que possédait du coup cette version Megadrive pour emporter la bataille ? Le Sang et la violence pardi !

CaptureBloodMais il fallait le mériter avec le tapotage d’un code, plus communément appelé le KOMBAT code. Un subtil A, B, A, C, A, B, B au moment du déroulé de l’intro écrite et bingo à nous les hectolitres et la tripaille.

Je me lance donc dans une partie.
L’intégration inédite de personnages réels au sein de décor certes sobres mais plutôt réalistes fonctionne carrément à mes yeux.
La palette de coup n’est pas faramineuse (environ 2 coups spéciaux par Kombattants) mais plutôt variée : Éclair foudroyant de la part du dieu du Tonnerre Raiden, Grappin en mode « pêche au gros » pour Scorpion, Glaçage express de notre ami Sub zero et mon préféré le coup dans les parties de la movie star Johnny Cage.


Et puis il faut reconnaître qu’un simple uppercut dégageant une gerbe de sang conséquente est déjà une satisfaction à placer en soi. Par contre ici pas question de chaînage et autre combo, tout est assez rigide et haché.

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Au fait le code rentré au tout début est un petit échauffement bienvenu avant de pouvoir profiter de LA grosse feature du jeu : Les FATALITES
Car oui hormis l’aspect sanguinolent qui se dégageaient des joutes il y avait une façon absolument impitoyable et classieuse de finir un combat, humilier l’adversaire en le « fatalisant ».

CaptureFinishUne fois vidé de sa barre de vie l’écran s’assombrit et un caverneux « FATALITY » retentit.
C’est alors qu’une combinaison de commandes plus ou moins obscure et complexe doit être entreprise dans un laps de temps hypra frustrant car ultra court.
Je me souviens avoir passé des soirées entières à tester l’ensemble du panel des fatalités : on allait de la plus soft consistant en un coup de pied circulaire + uppercut à du carrément gratiné avec un arrachage de tête colonne vertébrale comprise.

CaptureFatalBien sur de l’eau à depuis coulée sous les ponts et aujourd’hui un simple God of War (le 3 est d’ailleurs un bel hommage) ou même un Tomb Raider ne lésinent pas sur les effets sanguinolents mais pour l’époque vous n’imaginez pas la transgression que ça représentait.

D’ailleurs c’est ce jeu et sa sortie sur 16bits qui poussa à la création de la classification ESRB mentionnant tout contenu violent dans un jeu.

Nintendo avait préféré la jouer fine en proposant un jeu censuré.
Le sang ? Pas une traître goutte ! Les décapitations ? On remplace ça par une belle congélation ou un kick dans le poitrail ahah. Je peux vous dire que pour une fois lors des discussions SEGA VS NINTENDO dans la cours de récré les Sega fans dont je faisais parti se gargarisaient de l’édulcoration déplorable dont avait été victime le jeu et rendant par la même l’opus Megadrive Superior version !

Un mot également sur les deux boss de fin.
Tout d’abord GORO, 4 bras à 3 doigts et une tête de plus qu’un protagoniste lambda, qui en jetait pas mal qui avait encore un autre rendu puisque « stop motionné » si je puis dire à partir d’un modelage d’argile. En mode vraiment énervé il vous piétinait sans ménagement. et vous martelait la tronche de ses 4 bras comme un fétu de paille.


Et puis Shang Tsung sorcier maléfique capable de se morpher en n’importe quel perso (en plus de ses propres boules de feu) et par la même de copier le répertoire des coups spéciaux associés générait des duels au combien imprévisible et frustrant.
Le boss de Virtua Fighter Dural ou bien Mokujin dans Tekken seront les héritiers d’une telle innovation.


Pour finir un petit top 3 de mes fatalités favorites (je vous place les versions arcade autrement plus agréables à l’œil)

Numéro 3 :

mortalkombat-fatality-06La Mort par immolation grâce à ce cher Scorpion qui retire son masque pour révéler une tête de mort et mettre littéralement le feu à son adversaire.

Numéro 2 :

mortalkombat-fatality-02La Mort par décapitation améliorée avec Sub Zero qui entreprend une séance de chiropractie un peu trop poussée en vous arrachant la colonne vertébrale et la tête qui va bien.

Numéro 3 :

mortalkombat-07La Mort par ablation cardiaque dont Kano se charge, en tout bon chirurgien thoracique qu’il est, de vous soulager tout simplement de votre palpitant à même votre poitrine.

Je resta fidèle à la série dont l’épisode 2 avec un nombre de perso et surtout de fatalités à la hausse me ravit ainsi que le 3ème opus qui marquait un gap technique appréciable sur Playstation. Le passage à la 3D à pour moi condamné la série même si le retour en grâce des derniers épisodes est à mentionner.

On termine par une vidéo montrant l’évolution de la série de 92 à nos jours 🙂

Et je vous link également la publication de MO5 suivante qui a pris le soin de traduire un article vraiment passionnant revenant sur lé genèse des portages consoles :
http://mag.mo5.com/a-la-une/158843/chronique-mortal-kombat-ou-la-guerre-des-konsoles-16-bit/

– Melkiok – https://twitter.com/melkiok

4 réflexions au sujet de « Mortal Kombat sur Megadrive »

  1. Yes ! Je me souviendrai toute ma vie de la première fois que j’ai vu une borne de Mortal Kombat. C’était vraiment l’alternative à Street Fighter 2. Pour moi c’est associé au mercredi matin chez le dentiste (et au bar d’en face).
    Mon perso préféré : Rayden.

    • Ta fidélité dans les coms m’émeut 🙂
      Merci de partager ce moment intime d’enfance du crossover Mortal Kombat / Dentiste
      On reste dans le thème ultra violence ahah
      Je me demande d’ailleurs si ils ont fait une fatalité sur ce thème…mais connaissant la sensiblerie des Amerloques sur le sujet (ex : ce cher Jean le pâté des Visiteurs en Amérique n’a plus les dents gâtées comme dans la version french) rien n’est moins sur
      Improbable de converser Dentiste et Christian Clavier sur un article Mortal Kombat en tout cas ahah merci Lamyfritz

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