DOOM, la révolution du FPS

melkiokPar Melkiok

Comme je vous le disais dans mon précédent article j’ai pu m’initier avec Wolfenstein 3D à un tout autre type de jeu, celui du FPS (terme alors pas du tout employé pour désigner ce genre) où en arpentant des couloirs il fallait dessouder du soldat Nazi à foison.
Évidemment avec son succès retentissant, bien aidé il faut l’avouer par tout l’aspect polémique initié par le contexte du jeu (référence Hitlérienne et croix gammées à tout les coins de rues) ID Software ne pouvait décemment pas s’arrêter là, ils avaient trouvé un filon et il n’allait pas le lâcher de si tôt.

1-DoomBoxEt dites vous bien que ce n’est absolument RIEN comparé à la sortie de leur jeu suivant, dont la date est carrément qualifiée de Doomsday, je veux bien sûr parler de… DOOM.
Mais avant d’en dire plus sur le jeu , resituons un peu les choses de mon petit point de vue de l’époque.
Nous sommes début 94, mon frère est à la fac et qui dit fac dit échange de jeux à gogo entre étudiants… Et ce qui occupe les universités à cette époque, comme les hôpitaux, les administrations ou tout simplement le concierge du coin dans sa loge, c’est le phénomène DOOM.

GAME_Doom_TitleMon frère se procure donc sans trop de difficulté la version shareware de ce cousin éloigné (mais alors vraiment très éloigné sauf… Pour le côté polémique ;)) du cher Wolfenstein 3D qui nous avait déjà passionnés avec ce nouveau mode de représentation à la première personne.

Level

Enfin de la hauteur !

De mon côté il faut savoir que je m’intéresse de plus en plus au monde des consoles avec l’achat d’une Megadrive par dessus le marché. Il me faut donc ma dose mensuelle de magazines… Au final 25 Fr par ci, 30 Fr par là… L’addition grimpe vite et même si ma maman ne me refuse rien il faut quand même faire des choix et pendant quelques mois eh bien j’abandonne un peu le côté lecture Micro (bouuuuh) en gros de Novembre 93 à Juin 94.

La hype DOOM me passe donc à côté et je loupe le test dans le numéro de Joystick de février 94.

joystick_numero046J’installe donc le jeu sans trop savoir la baffe qui m’attend…
L’écran titre bien qu’un peu criard donne le ton, un marine est aux prises avec une horde de monstres tout droit sortis de chacune des 9 portes de l’enfer. Et sans prévenir l’image se dissout et une partie semble débuter, le personnage avance tout seul je panique en m’emparant du clavier…! Merci la feinte c’est une partie de DEMO qui vient en fait de se lancer… 😉

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Avec le Bazooka ça gicle à tout va

Un rapide et incontournable tour dans les options me font choisir « SCREEN SIZE » au max ainsi qu’un « GRAPHIC DETAIL » en HIGH, avec un 486 DX33 on est pas là pour se la jouer petit bras.

Allez c’est parti « New Game ».

Je me rend compte tout de suite que le jeu n’est pas une simple évolution de Wolfenstein, on a passé un cap. Déjà graphiquement parlant je me prends un tir de bazooka en pleine face… C’est terminé les fonds unis ou les aplats de couleurs n’offrant aucun relief.

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Les graphistes étaient parfaitement sains d’esprit

Ici on a de la texture ! Et… Mais oh wait l’éclairage est aussi géré ! Je commence alors à me déplacer pour allez admirer tout ça… Et le détail qui m’achève : l‘arme se balance ! (oui je sais ça fait beaucoup de ‘!’ mais ça retranscrit vraiment mon excitation de l’époque) Je me souviens même avoir rameuté mon frère et ma sœur pour qu’ils puissent halluciner en même temps que moi devant l’écran.

Bon si on commençait vraiment à jouer ?

Les couloirs sont sombres, l’atmosphère crasse et étouffante. Des bruits et des grognements d’un autre monde se font entendre… On est dans l’anxiogène le plus complet… L’ambiance, la découverte de nouveaux ennemis et surtout le côté jouissif de l’armement apporte un plaisir de jeu et fait que je suis totalement captivé.

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Malsain, Glauque, Déviant

Et puis il faut dire que la conception et l’architecture des maps étaient tout simplement brillantes. Car hormis le gap graphique la vraie avancée c’est bien que dorénavant les lieux que l’on arpente peuvent avoir des niveaux et différentes hauteurs !

Ascenseur, escalier, pont mouvant, murs non perpendiculaires, couloirs sinueux et règlements de compte à ciel ouvert… Les niveaux jouent avec notre perception et nos nerfs. Les environnements bien plus réalistes que n’importe quel autre jeu, couplés à l’immersion induite par cette vue FPS, font que l’on est totalement pris aux tripes. C’est bien simple, et je m’en souviens encore, j’avais débuté ma partie sur les coups de 16h… Et puis j’ai fini par entendre « A tableeeee ». Ah euh il est juste 19h30 !

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Le « Big Mother FN Gun » en pleine action

Avec tout ça je n’ai même pas encore parlé du contexte dans lequel baigne le jeu. Car mes bon amis nous qui aimions les aventures de Tintin ou bien les facéties de Gargamel avec les adorables Schtroumpfs, ici on se retrouve juste au centre des enfers à défourailler les suppôts du malin en personne. Bon alors déjà nos amis d’ID Software avaient titillé les esprits bien pensants avec la chasse aux nazis dans Wolfenstein 3D, mais alors là ils foutent carrément les deux pieds dans le plat avec leurs bottes bien boueuses si je peux me permettre une telle image.

Evil

Influence démoniaque ? Sans aucun doute

Chaque porte, chaque pièce, chaque recoin nous fait craindre le pire. Plus l’on avance dans le jeu, plus l’on s’enfonce dans ce complexe suintant le danger et la trouille qui est heureusement contrebalancé par le triomphalisme avec lequel « on génocide » ce bestiaire immonde et purulent !

Quand je parle de « bestiaire immonde et purulent » il n’y a qu’a regarder le tableau ! (avec en prime les saletés présentes dans DOOM II)

bestiary

Les affreux Jojos au complet

Pour me donner encore plus de cœur a l’ouvrage je me mettais carrément de la musique classique telle que Carmina Burana, l’Hymne à la joie ou encore Une nuit sur le mont chauve. Alors là c’était juste la transe dans l’éradication !

Un mot sur l’armement disponible…Tout simplement insensé ! La classe du fusil à pompe que l’on recharge par un mouvement de va et vient ou bien encore l’hallu totale en découvrant carrément qu’une tronçonneuse est jouable ! On peut dire que ça beaucoup participé à mon affect sur ce titre 😉

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Du travail bien fait

Pour finir en 3 petites anecdotes, voilà ce qui fait finalement de DOOM un jeu hors norme pour l’éternité :

  • Il est l’une des raisons de la baisse de la productivité constatée dans les entreprises et les universités américaines lors de l’année 1994
  • Marine Doom fut produit pour le compte de l’armée américaine afin d’entrainer les jeunes recrues
  • 17 ans plus tard il vient seulement d’être autorisé aux mineurs de plus de 16 ans par les autorités allemandes

J’ai passé des heures, des jours, des mois sur ce jeu sans une once de lassitude et encore je n’étais pas tombé dans le « piège » du jeu en multi comme la plupart de la planète à cette époque. Et ce fut vraiment le point de départ de mon addiction pour les First Person Shooter 🙂

– Melkiok – https://twitter.com/melkiok

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