Firo & Klawd sur Playstation

yashide Par Yashide

firo_cover

Jak & Daxter,  Banjo & Kazooie et même Mario & Sonic… L’histoire du jeu vidéo a vu évoluer un paquet de duos de personnages complètement improbables et/ou barrés. Dans la même veine, et même si le jeu n’a pas été aussi marquant que les exemples précédemment cités, Firo & Klawd figurent en bonne place parmi mes excellents souvenirs de joueur. Un orang-outan flic affublé d’un équipier qui n’est autre qu’un miteux chat de gouttière bleu, la classe et le summum du bon goût n’est-ce pas ?

Bon ok, étant donné la notoriété limitée de ce jeu, je suppose qu’une petite remise à plat du contexte s’impose (sauf pour l’ami Creepers du podcast Des Bits et des Pixels et du site Parce qu’on est des Geeks qui est également fan, je vous renvoie vers sa vidéo de gameplay sur le sujet).

Firo & Klawd est un jeu d’action en 3D isométrique développé par Interactive Studios et édité par BMG, sorti en 1996 sur PlayStation et PC. On peut dire que ma rencontre avec lui s’est déroulée totalement par hasard puisque, alors que j’étais lecteur assidu d’Ultra Player à l’époque, le jeu n’a eu droit qu’un test éclair de quelques lignes (assez élogieux cependant), à côté duquel j’étais complètement passé (forcément hein, c’est le numéro qui m’a fait découvrir Les Chevaliers de Baphomet).

Quelques mois plus tard, mon futur beau frère m’a proposé une liste de jeux qu’il voulait revendre, dont Firo faisait partie. Lui faisant confiance sur la qualité supposée du jeu, j’ai donc déboursé une centaine de Francs pour en faire l’acquisition. Et c’était parti pour la découverte d’un de mes jeux coup de cœur sur PlayStation !

Monkey Business

Afin de remonter la filière d’un réseau de crocodiles faux-monnayeurs, Firo l’orang-outan, représentant des forces de l’ordre aux méthodes quelque peu musclées, va faire appel aux services d’un petit malfrat de bas étage, coursier de son état, Klawd le chat de gouttière. Celui-ci, dont la tête est mise à prix car il a essayé de doubler ses employeurs, ne peut faire autrement que de s’incliner devant les « arguments » matraqués par Firo. Voici notre duo de choc embarqué dans l’aventure. L’atmosphère va être tendue, mais l’un et l’autre n’auront d’autre choix que de collaborer pour parvenir à leurs fins !

On nous propose ici de parcourir l’aventure en solo ou en coopération avec un pote. Le solo permet d’alterner à tout moment entre les deux protagonistes (tandis que l’autre nous assiste, dirigé par le CPU), afin de profiter tantôt de la force physique de Firo, tantôt de la rapidité et de l’agilité de Klawd, même si finalement les différences ne sont pas flagrantes. Quoi qu’il en soit, après la séquence cinématique de rigueur, plutôt sympa pour l’époque mais cheap avec le regard du 21ème siècle, c’est enfin parti pour l’action !

Au fil de leur « enquête », les équipiers d’infortune visiteront des environnements variés avec notamment des docks, des entrepôts, un parc, une usine, une station de métro et même une patinoire. Il y a particulièrement deux niveaux qui m’ont marqué, à des degrés divers. Tout d’abord, en positif, celui de la patinoire qui est incontestablement mon préféré, avec une jouabilité modifiée puisque nos héros glissent sur la glace et donc chaque déplacement doit être bien dosé pour ne pas aller s’empaler sur les ennemis et rester hors de portée de leurs tirs. Le second, et c’est plus négatif, c’est le niveau de l’usine, nommé « usine chemique » (probablement une faute de traduction de « chemical » mais ça me faisait bien marrer…), qui est chronométré et plutôt ardu. Le timing est ultra serré et il est indispensable de le connaître sur le bout du pad pour rusher et arriver au bout dans le temps qui nous est imparti. C’est certainement le niveau qui m’a provoqué le plus de game over (ou au moins ayant suffisamment entamé mon stock de vie pour voir poindre le game over peu de temps après !)…

Firo in the hole !

Les deux compères trouveront tout au long de leur parcours, éparpillées, diverses armes pour trouer la peau de leurs ennemis, des mitraillettes aux pistolets à balles rebondissantes, en passant par des triples tirs, des roquettes à têtes chercheuses ou encore des grenades. Bref, tout l’attirail de rigueur pour s’éclater (et éclater les vilains) dans un jeu de ce genre. On pourra également (c’est même chaudement recommandé) mettre la main sur des affiches style « Wanted », avec notre tronche dessus (Rappelez-vous, les faux-monnayeurs ont placé un contrat sur nos têtes…) qui permettront de nous faire gagner une vie après en avoir collectionné 10.

Question diversité, le bestiaire n’est pas en reste puisque selon l’environnement traversé, il faudra en découdre avec des chiens punks lanceurs de couteaux, des chiens aveugles avec lunettes noires, canne blanche et mitraillette, des dockers armés de grenades, des employés de l’usine revêtus d’une combinaison anti-radiations, des joueurs de hockey nous prenant pour cible avec leurs palet. Je soupçonne d’ailleurs le responsable du design des personnages de ne pas particulièrement apprécier les chiens… Puisque ce sont essentiellement des toutous qu’il faut dézinguer.

Derrière ce bel enrobage se cache un gameplay plutôt simple avec une touche pour frapper/tirer, une touche pour lancer les grenades, une touche pour sauter et une touche pour se baisser. A cela ne s’ajoutent que les touches pour changer d’arme et pour switcher entre les persos. Attention, gameplay simple ne dit pas forcément dénué de défauts, le jeu est en effet relativement difficile, et il faut s’armer de patience pour ne pas piquer de crises de nerfs notamment lors des phases où il faut sauter sur des obstacles ou pire… Monter et descendre des échelles, un vrai supplice…

Un dernier aspect du jeu, et pas le moins important, c’est sa non linéarité et par conséquent sa grande rejouabilité. En effet, quelques embranchements se présentent à nous au fil de l’aventure et nous amènent à parcourir des niveaux différents selon nos choix. Par exemple dès le début du jeu, on peut décider soit de prendre la voiture pour se rendre à Central Park, soit de se diriger à pied vers un bar ou encore descendre à la station de métro la plus proche (avec notamment un niveau sous la forme d’un mini jeu style Virtua Cop). Un atout non négligeable donc, car il faut obligatoirement faire plusieurs parties pour découvrir l’intégralité des environnements de Firo & Klawd.

« LAISSE MOI CES PUT*** DE ROQUETTES ENFOIRÉ !!! »

Tout seul c’est bien, mais c’est quand même mieux à 2 non ? Venons-en donc maintenant à ce qui décuple l’intérêt de ce genre de jeu… Car c’est bien entendu grâce au mode coop’ que j’ai passé mes meilleurs moments sur Firo ! Nous y avons beaucoup joué pendant quelques mois avec un pote du collège. Je l’avais sur PlayStation et lui avait la version PC, donc que se soit chez lui ou chez moi, on ne manquait pas de faire quelques parties à chaque fois qu’on se voyait.

De part la difficulté du jeu, il fallait avoir une grosse maîtrise et une coordination parfaite pour enchaîner les niveaux tout en économisant ses réserves de vies et de munitions. On passait donc des heures chacun de notre côté pour se perfectionner, connaître au maximum les positions des ennemis, optimiser ses déplacements et éviter les pièges. Le but de cet entraînement acharné était surtout de ne pas passer pour le boulet de la partie à 2 en gâchant ses vies et obligeant son équipier à venir à notre rescousse… Et forcément, petit à petit cette émulation nous a permis d’améliorer nos réflexes et de connaître chaque recoin du jeu sur le bout des doigts. Chacun de nous savait exactement ce qu’il avait à faire pour vadrouiller et s’occuper du cas des ennemis lui étant assignés, le tout sans gêner l’autre.

Bon, je ne vous cacherai pas que régulièrement, les parties prenaient un tour un peu plus… chaotique dirons-nous… Et oui, alors qu’une répartition équitable des armes et des affiches était a priori (hors situation compliquée pour l’un des deux) de rigueur, les coups de crasses volontaires ou non mettaient un peu de piment dans ce jeu nécessitant, je le répète, beaucoup de sérieux et de concentration pour en venir à bout. Comme les développeurs ont eu la bonne idée de permettre le « tir ami », il n’était donc pas rare lorsqu’une telle situation se présente, que le joueur lésé balance une petite rafale ou une grenade dans la tronche de l’autre pour se venger et lui signifier sa réprobation… Vous vous en doutez, la plupart du temps cela finissait par un véritable carnage et le but n’était plus que de survivre dans ce duel à mort avec son désormais rival…

Malheureusement, l’une de nos versions était buggée et impossible à terminer à 2 joueurs. Je ne me souviens plus si c’était sur PlayStation ou sur PC, mais toujours est-il qu’une porte en particulier restait infranchissable, dans le niveau du chantier. Nous restions invariablement coincés dedans à chaque partie et nous n’avons jamais trouvé le moyen de la franchir (alors que sur l’autre version nous n’avions jamais aucun souci, ni en mode solo). La seule solution que nous avions était de balancer roquettes et grenades pour se suicider et arriver au Game Over de l’un de nous deux. L’autre pouvait alors ensuite continuer sa progression…

Que ce soit seul ou à 2, Firo & Klawd aura donc été pourvoyeur de très nombreuses heures de jeu, entre détente et « hardcore gaming », entre fous rires et frustration. Malgré un statut de jeu sans grande prétention, il reste aujourd’hui encore parmi mes excellents souvenirs de jeu, et à chaque fois que je ressors ma PlayStation du placard, il fait obligatoirement partie des jeux que je relance (même si mon niveau est maintenant plutôt pitoyable comparé à l’époque).Et si par bonheur je vous ai donné suffisamment envie de vous y essayer, sachez qu’il est disponible sur Abandonware (c’est par ici que ça se passe), il serait donc dommage de passer à côté non ? 😉

– Yashide – https://twitter.com/lardon_83

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