Les Retro Chroniques #2 : Violent Storm (part 2)

yuuyakunPar Retro Bonheur

De retour pour la suite et fin de notre fantastique découverte de Violent Storm. Tout juste ai-je fait quelque secondes de jeu avec notre répliqua de Prince Charming que quelque chose me saute aux yeux. Alors que Streets of Rage et autre Final Fight sont dans la recherche, réussie, d’un gameplay efficace et fun, Violent Storm ajoute un aspect rarement vu dans les jeux de ce genre : l’Humour !

Violent_Storm japDès les premières secondes, on sent que le jeu ne va pas se prendre au sérieux : que ce soit le chien qui passe au milieu des combats comme si de rien n’était, le poulet rôti fumant qui vous redonne de l’énergie, la balle de football américain qui rebondie sans cesse ou bien le nounours qui vous donne des points. Il en est de même avec les ennemis qui mélangent avec brio barbarie et dérision. Vous ai-je parler du méchant qui fait la sieste sur son banc et qui a du mal à se réveiller ? Ou de celui en train de commander un verre au bar que vous pouvez assommer avec un vase ?

 

L’ensemble des éléments du décor servent aussi le propos : du fun, de l’action et de l’humour.  Les détails dépassent presque l’entendement, jamais l’écran n’arrête de s’animer. Il y a toujours des personnages dans le décor qui s’agitent en spectateurs de vos exploits ainsi qu’un amour prononcé pour nos amis les bêtes entre chats, chiens et oiseaux qui jonchent le parcours. Dans la gare ferroviaire du 1er stage, vous apercevrez au loin le train qui servira de base à l’acte 2 mais aussi des ennemis se dépêchant d’arriver à votre niveau. Quant à votre voyage en train, il ne faudra pas déranger une maman cochon (oui pas d’erreur de frappe) qui est tranquillement allongée sur un lit de paille avec ses petits cochonnets qui gambadent autour. Vous pourrez  les saisir pour les balancer sur les ennemis ça et là, saluons d’ailleurs l’effort humoristique des cochonnets qui se morphent en balle de football américain au moment de leur saisie (et qui a protégé Konami des foudres de Brigitte Bardot).

Dans le troisième niveau, assurément l’un des meilleurs, une demoiselle vous tend une pizza tout juste sortie du four. Allez vers elle et la pizza remontera votre énergie, suivi de la même demoiselle qui se mettra à vous encourager. Plus tard, c’est une danseuse orientale qui performe sur scène, musique dédiée à l’appui, avec un chaton à ses côtés pendant que vous vous débarrassez de la vermine locale. Une fois la tâche effectuée, la voilà qui saute de joie à votre victoire. Dans le port maritime, c’est un ennemi qui saute d’un bateau, sauf que cet idiot se loupe et tombe. Jaillis alors de l’eau un poisson tout frais qui vous redonnera de l’énergie…

Je m’arrête là sur les détails tant ils sont nombreux, mais les développeurs ont fait en sorte qu’il se passe toujours quelque chose à l’écran.

Gameplay

Violent Storm se prend très facilement en main tout en nécessitant un peu de temps pour être maîtrisé (la marque des bons jeux). Vous avez deux boutons, un pour frapper, un pour sauter, classique me direz-vous. Vous pouvez aussi frapper vers le bas, en arrière et attraper les ennemis, de là, libre à vous de les frapper ou de les projeter.

Jusque-ici, c’est assez similaire aux ténors du genre, sauf que s’y ajoute quelques petites variantes propre à chaque personnage : Wade peut par exemple donner un uppercut qui éjecte l’adversaire, Kyle peut faire les « milles pieds » Chun Li style en appuyant rapidement sur le bouton de frappe. Enfin, Boris peut une fois l’adversaire saisi, l’écraser en Somersault (non non, ce n’est absolument pas ce que fait Haggar dans Final Fight…). Mieux encore, Boris peut ressaisir un adversaire au sol pour lui faire une prise de catch, c’est grisant ! Vous ai-je d’ailleurs dit que chaque personnage peut frapper au sol ? Ou qu’ils possèdent une sorte de « coup balayage » qui se déclenche en appuyant sur diagonale avant-bas + saut ? Lequel, si vous rappuyez successivement sur le bouton de saut et de frappe, se transforme en un rapide coup sauté ?

Enfin, quand il y a trop de grabuge, l’appuie simultanée sur les deux boutons déclenche une attaque spéciale, laquelle vous rend invincible à défaut de coûter un peu d’énergie. On regrettera à la limite qu’il n’y ait pas eu un troisième bouton pour simplifier certaines combinaisons mais au final, la panoplie de coup est très complète pour le genre (je mets de côté Sengoku 3 qui joue dans une autre catégorie). Tous les coups sortent facilement et chacun des trois personnages apportent une expérience de jeu différente. Mention à Boris qui est le seul pouvant projeter tous les ennemis quel que soit leur poids.

Quid de ces ennemis ?

On retrouve les vilains propre au genre et des références à Streets of Rage et Final Fight. Tout d’abord, les punks ont re-signé pour jouer leur rôle à succès de méchants de service. Il y a aussi ces « poids lourds » cracheurs de feu qui foncent vers vous, quelques ennemis femmes et des sortes de karatéka, cette fois aux cheveux violets. S’y ajoute du « made in Violent Storm », comme ce vilain à la chaîne de fer et à la longue tignasse peroxydée qui cache son visage, ou ce punk chauve avec des pics sur tous les vêtements. Chaque protagoniste a vraiment été conçu avec attention et dispose de ses propres mimiques.

Arrêtons-nous maintenant sur les boss très charismatiques du jeu. Tout d’abord, le contrôleur du train du second niveau vous demandera où sont vos titres de transports avant d’essayer de vous électrocuter avec son « coupe rame ». Au 3ème niveau, c’est un homme des cavernes catcheur que vous combattrez dans une cage (forte référence au boss du niveau 4 de Streets Of Rage 2). Le boss du 4eme niveau a un jet pack et vous donnera pas mal de fil à retordre (là aussi Streets Of Rage 2 tout craché). Enfin, mention spéciale pour le boss du 5ème niveau, un athlète olympien narcissique, qui vous répétera à longueur de temps que « beauty is justice ». A ce sujet, chaque boss a sa propre voix et est à chaque fois accompagné du méchant motard du début qui continu de vous narguer alors qu’il tient votre copine dans ses filets.

Quid des niveaux

Vous allez parcourir pas moins de 7 niveaux à la recherche de votre chère amie. Après la gare ferroviaire s’ensuivra une balade en train, un passage dans la ville, un arrêt à la classique usine  où des pistons de la même marque que ceux de Streets Of Rage 1 chercheront à vous écraser, une promenade au parc, une virée au port, puis vous finirez dans le repère du chef des méchants qui n’est autre qu’un musée. Une map s’affiche après chaque boss battu vous montrant le chemin parcouru et celui restant à faire. Ces 7 niveaux procurent une durée de vie très honorable et une excellente replayabity, merci au fun incroyable du jeu.

Parlons musique

La bande son a été composée par Kenichiro fukumi et Seiichi Fukami et…quelle réussite ! C’est punchy, c’est entraînant, ça colle à l’action, ça donne envie de l’écouter sur son walkman et surtout, c’est extrêmement varié !

Des notes pop rock 80’s avec Who’ll be the hero ou bien We are free qui fait d’ailleurs penser à 1999 de Prince ou Sussudio de Phil colins. Des musiques qui font monter la tension comme Drift the tension (on appréciera le titre tout indiqué) ou bien des mélodies gentillettes à la limite de la dérision avec un Johny Be good revisité au second niveau, ou  Hey Hey Hey au niveau 6 inspiré tant par les Beach Boys que par Sea Cruise de Frankie Ford. Enfin, bienvenue au hip hop avec le morceau rap du niveau 3 où les paroles vous invitent tout simplement à en découdre et à sauver la belle Sheena.

Avec une telle qualité d’OST, le jeu a forcément atteint le panthéon des meilleures musiques de jeu rétro  mais à quelle place a-t-il donc pu se hisser ? Subtile réclame à part, ce qu’on fait les compositeurs, au-delà de pondre une bande son intemporelle et époustouflante pour un jeu d’arcade de 1993, c’est à mon sens donner leur vision des musiques américaines qui les avaient marquées. Les influences sont légion, les sonorités très American 80’s music, et c’est tout simplement un régal. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que King Records sortira une édition limitée CD de l’OST en Février 94.

Cerise sur le gâteau 

C’est bien beau de s’amuser sur un super jeu, mais qu’y a-t-il de mieux ? Jouer à deux pardi, et qu’est qui est encore mieux ? Jouer à 3 ! Et oui, pour magnifier tout ce superbe gameplay, Konami nous permet d’y jouer à 3 et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça explose dans tous les sens. Hélas votre contributeur n’a pas eu la chance de s’y essayer dans ce mode, s’étant limité à une coopération deux joueurs. Le fun étant excellent à 2, j’imagine qu’il l’est d’autant plus à 3…enfin si l’on s’y retrouve dans cet amoncellement de sprites…

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Conclusion :

C’était une de ces heureuses trouvailles sur le net. Une de celle pour laquelle l’appellation Hidden gem était enfin justifiée. C’est un des rares titres que j’ai découvert après coup et que je me suis surpris à apprécier, à recommander et à régulièrement parcourir. Sensible aux OST de qualité, j’ai été conquis dès les premières secondes de jeu. A ce sujet, je pense que c’est un élément indissociable d’un bon beat them up. Prenez Streets Of Rage par exemple, au-delà de son excellent gameplay, il doit beaucoup à sa musique. Pareil pour Final Fight qui en ce sens et de mon humble opinion est plus agréable à parcourir sur Mega CD où il bénéficie d’une superbe partition malgré une réalisation moins impressionnante qu’en arcade.

Alors au final, Streets Of Rage n’a-t-il qu’à bien se tenir ? Et bien pas nécessairement. Même si les deux styles de jeu sont identique, leurs univers sont très différents et je trouve chacun des deux excellent dans son genre. Je donne par contre Violent Storm gagnant contre Final Fight. D’un côté, il est de 4 ans son aîné et il a pu s’appuyer sur un existant solide pour améliorer la recette, de l’autre, il a ajouté une direction artistique aussi fun que réussie. Je dois aussi concéder le préférer à Cadillac and Dinosaurs malgré tout le bien que je pense de ce dernier. En soit, et en bon fan du genre, Violent Storm est mon favori de la catégorie, suivi de très près par Streets Of Rage 2 – que j’ai surement peut être trop fait étant enfant. A vrai dire, je ne vois que Streets Of Rage 4 qui le surpasse car il a su amener la recette du beat them up vers de nouveaux horizons mais, 27 ans après, ce n’est pas comparable. Violent Storm est définitivement un chef d’œuvre de la fin de cet ère beat them upesque 2D, une déclaration d’amour de la part de Konami qui a mis une énergie incroyable dans les détails et dans le gameplay. Enfin, bon courage à vous si vous souhaitez le terminer sans perdre un crédit (parait-il que vous recommencerez alors le jeu avec une difficulté accrue, des tortionnaires je vous dis)

Malgré ce florilège de qualités, Violent Storm termina son aventure en arcade tel un crève-cœur. Ce jeu ne fut en effet jamais porté sur quelque support que ce soit et resta à jamais la propriété des salles enfumée d’antan. Et c’est en cela que je vous invite on ne peut plus expressément à le découvrir ou le redécouvrir sur l’émulateur MAME.

– RetroBonheur – https://twitter.com/RetroBonheur

2 réflexions au sujet de « Les Retro Chroniques #2 : Violent Storm (part 2) »

  1. Super test qui donne envie de l’essayer ! Je dois bien l’avoir dans un coin celui-là… le souci de l’arcade est qu’il y a des tonnes et des tonnes de titres, pas facile de s’y retrouver. En tous cas merci pour la reco, et vivement une prochaine vidéo !

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