The Secret Of Monkey Island sur PC

melkiok Par Melkiok

L’écriture de cet article ne va pas être aisé…
En effet comment vous témoigner voir même vous hurler l’admiration et l’affection que j’ai pour la saga Monkey Island ?

Pourtant comme vous aviez pu le lire ici le serment d’amour qui me lie avec le duo de point and click le plus fameux de tout les temps commença de façon plutôt fortuite.
Ayant à l’époque loupé les numéros de Joystick vantant les louanges de Monkey Island 1 & 2, je menais une existence dans laquelle ma réalité était dépourvu de duels d’escrimes d’insultes, du pirate Zombie Lechuck, du nom à coucher Guybrush Threepwood et surtout de singes à 3 têtes.

Et pourtant les Kyrandia, Days of Tentacle, Sam and Max, Full Throttle firent les beaux jours de mes sessions gaming et je guettais chaque sortie avec impatience du moindre point and click. Bref le jeu d’aventure c’était MON GENRE de prédilection si tôt qu’un choix devait s’opérer entre deux titres à mettre sur une liste de noël ou d’anniv.

Comme le relate à la perfection Mr Patrick Helio dans son ouvrage testamentaire sur le jeu d’aventure la création de Monkey Island part de la volonté de s’affranchir des carcans régissant jusqu’a présent ce genre.

Le côté trop sérieux et castrateur des jeux Sierra au hasard les labyrinthes à la noix, les morts surprises (au cours du jeu une petite moquerie intervient à ce sujet !) d’ailleurs donne l’impulsion aux créateurs Tim Schaefer et Ron Gilbert de proposer une autre approche où l’humour se dispute au non sens et à une déambulation truculente dans un monde rempli de pirates fantasques.

L’ébauche du moteur Scumm vu sur Maniac Mansion est considérablement amélioré avec ce 5ème jeu en tirant parti, au hasard la commande « parler » s’activant par exemple par défaut lorsque le joueur clique sur un personnage ou le rendu graphique poussé à 256 couleurs ( à noter que la version initiale de Monkey Island fut en 16 couleurs !)

Trêve de préambule voici donc que je tombe totalement par hasard par un de mes détour habituels chez mon Buraliste favori sur ce numéro de Joystick en décembre 96. Comme j’ai pu l’évoquer ici 2 jeux pour 50 balles me semble une affaire honorable.
Et la mise en avant de 21 DEMOS dont quelques perles antiques de chez Lucas, des nouveautés telle que Monkey Island 3 et la surcouche Star Wars Rebel Assaut 2 / Coulisses de Star Wars edition 97 achève de me convaincre de délier ma bourse.
Etant assez complétiste dans l’âme et malgré l’effet daté des graphismes je lance donc une partie sous ce bon vieux DOS n’ayant pas encore Windows 95 sur l’ordi familial.

Le thème iconique retentit à mes oreilles. Une invitation au voyage et à l’aventure caribéenne s’empare de mes sens je ne peux pas l’exprimer autrement.
Puis une scène d’ouverture nous montrant ce jeune freluquet de Guybrush « tripouille » Threepwood émettant le souhait de devenir pirate. La vigie de la côte un peu miro lui conseil donc de se rendre au Scumm Bar.

Voila le pitch de base.

Je suis tout de suite conquis par l’ambiance de flibusterie qui ne se prend pas au sérieux et surtout l’humour totalement pince sans rire de notre anti héro Guybrush qui ne se prive pas d’ailleurs pour s’adresser directement au joueur et briser ainsi le 4ème mur !
Comment ne pas halluciner en tombant sur un dialogue lors d’une ballade au troquet du coin avec un pirate se lançant dans la réclame d’un des autres jeu LucasArt à savoir Loom ? Ou encore quand Guybrush nous dit que ce qu’il retient de son aventure, c’est qu’il ne faut jamais payer un jeu vidéo plus de 100 balles…
Notre héro nous fait d’ailleurs souvent part de ses réflexions et états d’âmes bien cyniques tout au long de l’aventure.

Mais ça y est je pars déjà dans tout les sens tant chaque pensée me ramène à des moments marquants ou des scènes cultes. Un peu de discipline que diable avec une présentation succincte des 4 actes du jeu !

Partie 1 : Les trois épreuves

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Nous arpentons ici l’île de Mêlée dans le but de devenir un « valeureux » pirate pour cela il en passera par la réalisation de 3 épreuves.
Maîtriser l’usage de l’épée, Apprendre l’art du vol et Retrouver le Trésor Légendaire caché sur l’île. Le plus mémorable ici est sans conteste l’apprentissage de l’épée, moment absolument culte et fendard tant l’inventivité est de mise !

En effet ici point de beat them up mais tout simplement une joute d’insultes qui nous impose la quête des répliques les plus cinglantes pour réussir à atteindre notre but ultime à savoir vaincre la reine du Sabre.

On rencontre aussi les personnages les plus emblématiques et iconoclastes de cette saga telle que notre dulcinée Elaine Marley, ce cher escroc de Stan parodie parfaite du vendeur sans foi ni loi ou encore Lady Vaudou une chamane exotique un peu perchée.

Partie 2 : Le voyage

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Tout pirate digne de ce nom se doit d’embarquer sur les flots pour effectuer son voyage initiatique.
Ici il est question de se rendre sur la fameuse Île au Singe et avec votre équipe de bras cassés ça ne sera pas du luxe évidement puisque rien ne leur importe plus que de parfaire leur bronzage sur le pont du bateau !

Une partie bien moins conséquente dont la finalité est de se propulser avec un coup de canon bien placé vers le lieu qui donna son nom à la saga Monkey island !

Partie 3 : Dans les Profondeurs de l’île aux Singes

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Nous allons enfin ici nous confronter à notre Némésis le grand méchant Lechuck pirate Zombi de son état dont le fil rouge est maintenu depuis finalement le début de l’histoire avec divers interludes cinématiques distillés à des moment bien choisis.

Ici la pluralité des lieux rend assez vaste cette dernière partie de l’aventure, Catacombes, village de Cannibales, plages diverses…

Le bon vieux passage labyrinthique que l’on retrouve dans les jeux de l’époque (au hasard Legends of Kyrandia ou encore Indiana Jones and The Last Crusade) est ici de rigueur sauf que encore une fois nous sommes largement soulagé par la possibilité de s’orienter grâce une tête coupée de navigateur (les GPS c’est surfait).

Partie 4 : Guybrush s’énerve

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Petit épilogue réglementaire des plus succinct où ce cher Lechuck passe de vie à trépas (enfin pour le moment…) nous laissant apprécier une charmante séquence de fin.

De vous refaire ce petit tour du jeu en accéléré m’a remis dans l’absolu volonté de me relancer dans une session tiens…
Il dégage une telle atmosphère de joyeuse loufoquerie entre ses dialogues impayables, ses protagonistes iconoclastes ou bien encore son ambiance sonore ayant marqué l’histoire du jeux vidéo !

Car OUI Un mot tout de même s’il vous plait pour la mirifique OST de ce jeu
En effet un point and click réussi passe par une bande son mémorable comme ont pu l’être pour moi celle des Chevaliers de Baphomet ou encore Hands of Fate.
Et ici nous avons le droit à du 5 étoiles. Bien sur le thème iconique fait à lui tout seul 90% de l’ambiance avec tout d’abord une musique lourde emprunte de gravité puis rapidement l’air de flûte iconique matinée de Reggae fait que la joie exotique se répand.
On oscille toujours parfaitement entre mystère avec par exemple la musique chez Lady Vaudou et joie estivale avec le thème du Scumm Bar qui est également mémorable en tout point.

D’ailleurs à l’époque je ne mesure pas la chance que j’ai pu avoir car visiblement lors de la mise sur le marché de la version CD de Monkey Island Lucas avait omis les pistes musicales sur toutes les éditions CD française vendues dans le commerce…
La bonne arnaque quoi.

Le jeu fut assez bien accueilli à l’époque sans provoquer néanmoins plus d’émoi que cela avec tout de même la couv pour Joystick dans le numéro 11 de décembre 1990 accompagné d’un test uniquement sur deux petites pages et un timide 86%.
Gen 4 fut par contre plus généreux (il accordera même sa couv à l’épisode 2 !) avec un beau Gen 4 d’or et 95% !

Clôturons avec une petite partie trivias !
Elles sont si nombreuses que je vous en pose quelques unes ici mais pour plus de détail n’hésitez pas à consulter les ouvrages suivants pour plonger jusqu’au cou dans cette légende du point and click.

  • Les Mystères de Monkey Island : A l’abordage des pirates ! chez Third editons
  • LucasArts Vol.1 & 2 Les Chroniques chez Côté Gamers (deux pavés vous offrant plus de 1000 pages passionnantes sur nos amis de chez Lucas)
  1. Comme énoncé plus haut impossible de mourir…mais pas tout à fait. Car à un moment du jeu après s’être fait balancer à l’eau et se gargarise de pouvoir retenir sa respiration 10 minutes…Passé ce délai le décès intervient et les verbes du jeu sont remplacer par « Flotter » ou encore « Acheter le guide du jeu ».
  2. Au sein du labyrinthe végétal dans la jungle de l’île de Mêlée au sein de notre déambulation nous pouvons avoir comme consigne d’insérer la disquette 22 (ou 114 ça dépend)…qui n’existe pas du tout mais des joueurs mécontents ne manqueront pas d’appeler la HOTLINE pour se plaindre !
  3. Deux fins existent dans le jeu ! Une dévoilant l’équipage de Guybrush aux prises avec les cannibales rencontrés sur l’île aux Singes et l’autre nous montrant le personnage de la vigie du début du jeu se demandant si son camarade ne l’a pas abandonné sur l’île…

Allez il est temps pour moi de relancer ce jeu comme c’est le cas tout les ans depuis sa découverte au mitan des années 90 c’est vous démontrer je pense toute l’importance et la joie simple que peut procurer cet épisode fondateur de la saga !
Et si il y longtemps que vous ne l’avez fait ou même mieux si vous ne vous êtes jamais lancé alors allez-y franchement c’est satisfait ou remboursé !

Comparaison_Guybrush_SE1

PS : Je n’ai jamais voulu pour info perturber ce rituel et mon plaisir avec la découverte du remaster si quelqu’un l’a fait je suis preneur qu’il me convainque du contraire pour me donner l’excuse de le faire une fois de plus !

– Melkiok – https://twitter.com/melkiok

5 réflexions au sujet de « The Secret Of Monkey Island sur PC »

  1. Salut la team ! J’attendais évidemment cet article avec impatience ! Monkey Island est un monument et à l’ère du 64 bits, difficile d’y rejouer sans passer par les remakes HD et bavards, qui sont pour moi sans intérêt. Nous avons ressorti les CD joystick il y a deux étés avec les enfants sur un vieux PC tournant sur windows XP dépoussiéré pour l’occasion. Je voulais leur faire partager toute l’expérience, depuis l’installation jusqu’au final. On a bouclé le premier opus en quelques jours et puis il n’y a pas eu d’envie de leur part d’essayer le deuxième de la saga (génération Fornite pourrie jusqu’à l’os !). Du coup on en est restés là. Je ne désespère pas pour autant !

    • Hello cher ami toujours un plaisir de lire vos petites réactions fidèles je n’en attendais pas moins de toi sur cet article testament sur un des piliers de mes jeux doudou !
      Quel homme de bon goût d’avoir encore un petit ordi sous XP !
      Je prévois de faire le même avec le 2 dont je trouve l’atmosphère encore plus envoutante

  2. Bonjour, merci pour cet article plein d’une douce nostalgie.
    J’ai ce site qui permet de simuler la roue du code du jeu (et de quelques autres…) c’est bien fait, et parfois je « m’amuse » juste à y aller pour faire tourner les roues, de mes vieux souvenirs… Nostalgie quand tu nous tiens.
    Perso j’essaie également d’amener mes filles à s’y intéresser, mais ce n’est pas évident, les jeux de nos jours sont plus rapides même pour les filles.

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