GTA 3 sur PS2

yashide Par Yashide

Après avoir abordé sur Another Retro World l’excellent GTA San Andreas et son cultissime prédécesseur GTA Vice City, il fallait bien qu’un jour je me lance sur l’épisode fondateur de la saga, et premier volet du triptyque PS2 : GTA 3. Et accrochez-vous bien, car si je l’ai gardé pour la fin, ce n’est pas pour rien, à tel point qu’il était à deux doigts de figurer en épisode « souvenirs de gamer frustré« .

Mais revenons plutôt quasiment 20 ans en arrière, et plus précisément en avril 2001, au détour d’une preview anodine d’un certain Julo dans mon Joypad n°107, au retour d’un petit press tour chez les gars de DMA Design en Ecosse. J’avais à l’époque extrêmement peu tâté des épisodes 2D de GTA dont la représentation vue du dessus ne m’emballait pas vraiment, au contraire de Driver 1 et 2 qui avaient fait les beaux jours respectivement de mon PC et de ma PS1. La promesse affichée d’emblée dans le texte de Julo étant de transposer GTA 2 en 3D, pour aboutir à une sorte de Driver-like surboosté ne pouvait donc que m’emballer.

Les mois ont passé, et le test final de Julo en Décembre a conclu l’affaire d’un fringant 9/10… En parallèle, j’avais également pu voir le jeu tourner avec Marcus aux manette dans un épisode de Level One pour une conclusion toute aussi enthousiamée et enthousiasmante. L’excitation est forcément montée crescendo jusqu’à l’acquisition de ma PS2 aux alentours de Mars 2002 et GTA 3 a rapidement rejoint ma ludothèque « Day one » composée de Metal Gear Solid 2 et Pro Evolution Soccer. Petite anecdote à la con, j’ai ce jour là fait le tout premier chèque de ma vie, avec mon compte à moi, pour débourser les moins de 45 € nécessaires (ça c’était du prix attractif !). J’étais fin prêt à découvrir l’immense et fourmillante Liberty City…

Dès la scène d’introduction, on est dans l’ambiance. Un braquage, une trahison, une balle dans le buffet, une arrestation, un transfert en prison, une explosion au passage du fourgon et une évasion. Nous voici lâché dans la ville avec pour seul but la vengeance. Nous partirons donc tout en bas de l’échelle, à jouer les larbins pour des sous-fifres de la mafia pour progresser sur des tâches plus conséquentes et forcément plus risquées, le tout en changeant d’allégeance sans vergogne en passant d’un gang à un autre (Mafia Italienne, Triades, Yakuzas, Latinos, …).

Et un premier constat qui ne va pas m’inciter à m’immerger dans l’ambiance. Bien que le scénario soit parfaitement calibré pour l’expérience promise, le personnage que l’on incarne a un charisme d’huitre. Il ne parle pas, n’exprime aucun semblant d’émotion, bref il est totalement vide et m’apparait rapidement comme un espèce de psychopathe décérébré.

Allez honnêtement, je peux facilement passer l’éponge, je n’ai jamais été vraiment du genre à accorder trop d’importance à ce genre de chose, mais le point est suffisamment notable et en contraste avec ce que j’espérais découvrir dans GTA 3. Je progresse donc doucement mais sûrement, découvrant cette ville gigantesque et toutes les possibilités qui s’offrent à moi, entre les missions principales bien entendu, mais également tous les à côtés : missions secondaires (ambulance, taxi, police), chasse aux paquets disséminés dans les recoins les plus insoupçonnés, cascades, … Ou tout simplement le plaisir de vagabonder dans Liberty City, à pied ou au volant de la multitude de véhicules, d’écraser les piétons, de faire exploser les voitures qui passent, de jouer au chat et à la souris avec les flics, d’aller rendre visite aux péripatéticiennes…
Bref, j’étais carrément motivé à retourner GTA 3 dans tous les sens et afficher le 100% de rigueur dans les stats. Pour preuve une seconde anecdote à la con, je me souviens parfaitement avoir acheté un mag de soluce avec notamment la liste exhaustive des emplacements des 100 paquets cachés à la Gare du Nord au retour d’un trajet à la fac pour voir mes résultats d’examens finaux de 1ère année de DEUG. J’étais tellement soulagé de passer en 2ème année (pas très brillamment il faut l’avouer, mais l’honneur était sauf) que je me suis fait ce petit plaisir en repartant...

Et malgré tout, en parallèle de cette plongée passionnante, la frustration montait et les désagréments prenaient peu à peu le pas sur le plaisir de jeu. Pour le plus soft quant à mon expérience, tout d’abord l’impossibilité de contrôler la caméra, très souvent à la ramasse notamment dans les phases de gunfight et la visée exaspérante qui en découlait. Ensuite, la visibilité affreuse la nuit et en temps de brouillard ou de pluie. Ah ça, l’évolution de l’environnement en fonction de l’heure et de la météo c’est sympa, mais une fois obligé de mettre la luminosité au maximum pour ne pas jouer à l’aveugle, ça casse un peu l’ambiance. Un cran au dessus, la difficulté du jeu m’a rebuté. Je suis certes globalement pas très doué, mais une fois un peu avancé dans le scénario et s’être fait des ennemis, il est très fréquent de se faire exploser sans crier gare sa bagnole par les gangs à coup de fusil à pompe au passage dans certains quartier. En se promenant en ville, c’est rigolo une fois ou deux, mais si l’on combine ce point avec le fait qu’on ne respawn pas près du départ d’une mission en cas d’échec de celle-ci, ça peut donner envie de faire du lancer de manette dans le mur…

Imaginez-vous, une mission bien longue qui vous demande de passer d’une île à l’autre, stoppée net, avec réapparition dans l’hopital le plus proche, donc à l’opposé du point de contact de la mission, ça en fait des allers-retours inutiles. Et ça me permet de conclure avec le pire défaut du jeu de mon point de vue. L’absence totale de map, à l’exception de la mini carte présente sur l’écran et qui n’affiche que les environs. Alors certes un joli poster accompagnait le jeu pour combler le manque, mais ce n’était absolument pas suffisant ni pratique pour jouer sereinement. Pas de map et par extension pas de marqueurs possibles pour se mettre des points de repère, il fallait donc un excellent sens de l’orientation, une bonne mémoire ou les deux et malheureusement je n’ai pas été gâté par la nature sur ces points.

Résultat, après avoir tant bien que mal réussi à gérer Portland (la première île de Liberty City) j’ai été totalement dégoûté une fois passé à Staunton Island (seconde île) où je n’ai jamais réussi à me repérer et j’ai carrément abandonné le jeu. Un exemple notable c’est le point de contact des missions Yakuza auquel je n’arrivais jamais à me rendre « proprement ». Je me retrouvais en permanence sur des routes le surplombant et de rage, je m’y rendais en faisant des sauts suicidaires en contrebas (en voiture ou à pied, au choix). Au final, GTA 3 est juste devenu un défouloir dans lequel je m’amusais à faire le cheat code pour obtenir un tank et faire le plus de carnage possible dans la ville…

20 ans plus tard, comme je suis un peu maso, je me suis décidé à me (re)faire GTA 3 sur PS4, parce que bon, c’était certain que mes souvenirs étaient exagérés et que j’étais vraiment naze et inexpérimenté à l’époque. Bref, un platine facile me dis-je, moi qui avait déjà refait Vice City et San Andreas sans grandes difficultés. Ignorant que j’étais ! J’ai exactement revécu les mêmes situations, j’ai reconnu et crisé sur les mêmes choses qu’à l’époque : les trucs timés, amener des caisses au garage, parcourir la ville d’une cabine téléphonique à une autre. Toutes les choses limite impossibles si tu ne sais pas t’orienter ou si tu ne connais pas d’expérience la map par coeur. Ah et au passage, un bug qui m’a bien saoulé également, alors que j’essayais de boucler dès le début les missions annexes pour quelques bonus non négligeable (et accessoirement s’affranchir des problèmes mentionnés ci-dessus liés aux gangs). Objectif : emmener X patients à l’hôpital dans un temps limité. Comment : avec une ambulance permettant de prendre jusqu’à 3 personnes. Problème : si la porte arrière est un peu abimée, impossible d’en faire monter plus de 2. Résultat : impossible de boucler ça dans le temps imparti. Solution : « s’amuser » à complètement casser les 2 portes arrières pour qu’elles ne posent plus de problème avant de se lancer dans la mission. Passionnant… D’ailleurs, pour contrebalancer tous ces aspects rebutants dans ma quête pour le platine, j’en suis arrivé à abuser des cheat codes pour regagner de la vie (et réparer les bagnoles), et j’ai fait les missions timées les plus corsées pour moi avec Youtube en support.

En conclusion, on peut dire que je n’ai vraiment pas pris de plaisir sur GTA 3 que ce soit à sa sortie ou avec le recul, contrairement à Vice City et San Andreas, pour des raisons différentes selon le jeu. GTA 3 a été un de mes premiers jeux sur PS2 et ma première déception. Tout ce qu’il reste de mon expérience, c’est juste la promesse d’un monde ouvert où l’on fait ce qu’on veut. Mais finalement, le plus important, c’est que cet épisode cauchemar pour moi a permis de poser les bases pour sa fabuleuse suite, et a esquissé la nouvelle trajectoire qui a permis à la franchise de devenir ce qu’elle est maintenant.

– Yashide – https://twitter.com/lardon_83

6 réflexions au sujet de « GTA 3 sur PS2 »

  1. GTA3, un des seuls GTA que je n’ai jamais testé…
    Mais qu’est-ce que j’ai pu kiffer les suivants ! Vice City j’en rêvais la nuit tellement j’étais accro…

  2. Acheté day one ici sans avoir lu au cinéma test et pour cause, Rockstar n’avait pas envoyé de version test aux magazines ! Je voulais de ce fait attendre le test de Joypad avant de me lancer mais, quand j’ai vu le prix du jeu (à 45 euros en effet, contre généralement 60 d’habitude), j’ai craqué. Ne sachant pas vraiment à quoi m’attendre, je n’avais joué qu’à la demo d’un GTA 2D, je suis tombé dedans et le test de Julo a été en phase avec mes impressions. Plus encore, j’avais eu le sentiment d’avoir testé le jeu en avant-première et d’avoir un peu joué avec lui !
    Un très bon souvenir de gamer pour ma part!

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