QuackShot sur Megadrive

yuuyakunPar Retro Bonheur

C’était un matin de 1992. Alors élève en primaire, il m’arrivait de passer chez mon meilleur ami le weekend après nos parties de foot, ce qui fut le cas ce jour-là. A peine arrivés, sa mère toujours des plus serviables, nous offrait toujours de quoi nous rafraichir et nous ressourcer (Savane, Papi Brossard ou même de délicieux Balisto !) Ce ravitaillement fait, nous étions impatients d’allumer la console de jeu. En effet, mon ami venait d’avoir avec ses frères une Megadrive.

Cette console de nouvelle génération aux graphismes qui dépassaient largement mes vieillissantes et chères Master System et NES. Arrivés dans la chambre, alors que je m’attendais à voir Altered Beast, leur unique jeu, je vis son grand frère tout sourire en train de jouer à autre chose. Sans pouvoir clairement distinguer l’écran, il était clair que ce n’était pas le beat them up mythologique que je supposais mais un nouveau soft qu’il avait réussi à se faire prêter.

Enfin assis, je pu clairement regarder l’écran et me dit… »tiens Donald ?! Mais, qu’est…que …. c’est beau ! C’est comme à la télé ! On dirait un dessin animé, tout s’anime à merveille, et… quelle fluidité ! » Rappelez-vous chers lecteurs et lectrices, qu’à cette époque, les jeux 16 bits sont le top et que nous jouons sur de petites télés, notamment ces fameuses cathodiques de 36cm de diagonales vues comme un objet libérateur pour les parents car elles permettaient à bas coût d’équiper le foyer d’une seconde télévision.

Découverte du jeu

Mais revenons à ces premières impressions, le grand frère de mon ami venait juste d’allumer le jeu et se trouvait au premier niveau : Duckburg (Canardville pour nous francophones). Et je trouvais les animations de Donald exemplaires ! Elles me rappelaient irrémédiablement « La Bande à Picsou«  diffusé à l’époque tous les weekends dans le Disney Club (émission jeunesse de TF1 dans les années 90)

« Et cette arme qu’il a, c’est quoi ? Un pistolet ventouse ?! Ça marche vraiment ? » demandais-je. En tout cas, l’attitude que prend Donald en tirant est hilarante ! Quant aux décors, ils m’apparaissaient splendides, ils étaient colorés et respiraient la bonne humeur, et ces ennemis ! Mais oui, je le reconnais, c’est Pat Hibulaire, l’ennemi juré de Mickey ! (Certes, par soucis de cohérence, ce rôle aurait dû revenir aux Rapetous, bien qu’il soit arrivé dans l’histoire des BDs Disney que l’univers de Donald soit regroupé avec celui de Mickey mais je m’égare)

Au-delà de ces premières impressions, mon souvenir le plus impérissable allait bientôt être gravé à jamais dans ma mémoire, le grand frère qui n’y jouait pas pour la première fois me dit « Regarde, là je vais prendre des piments et Donald va s’énerver comme dans le dessin animé« . Perplexe, je le regarde récupérer les piments rouges et certainement cultivés en Amérique du sud, et, tout d’un coup, au bout du cinquième, Donald se met à accélérer et à parcourir le niveau à une vitesse folle, réduisant à néant tous les ennemis qu’il touche affublé de son cri si caractéristique !

Bon le voilà qui revient à son état normal. Le grand frère toujours à la manette, je découvre de curieux ennemis, des tortues qui marchent et qui peuvent se cacher dans leur carapace, évoquant derechef l’univers Disney. Des chenilles qui sortent des couvercles de poubelles, ou même, mais oui, c’est encore Pat Hibulaire déguisé en grand-mère qui laisse tomber des pots de fleurs du haut des fenêtres ! Quelle immersion dans un dessin animé ! Arrivé à la fin du niveau, voilà que Donald parle à un personnage, une sorte d’explorateur sorti tout droit d’Indiana Jones. Une fenêtre de dialogue s’ouvre, hélas pour moi, l’anglais m’est encore inconnu. Heureusement, le grand frère le comprend suffisamment. Le court dialogue finit, un drapeau est planté au sol, il déplace Donald à côté de celui-ci puis va dans le menu d’option, quand il en sort, un avion piloté par Riri Fifi et Loulou atterri.

Donald s’avance vers l’avion quand l’écran fait alors apparaître…une carte au trésor ! Elle fait office de choix des niveaux, seul trois sont sélectionnables mais d’après le grand frère de mon ami, il y en aurait plein d’autres à découvrir?! C’est incroyable, il y a du choix, de l’aventure, des énigmes à résoudre ! Me voilà définitivement conquis par ma découverte du jour, « Comment ça s’appelle » lui demandai-je, « Quackshot » me dit-il.

La Genèse

Ce que je ne savais pas, c’est que mon appréciation pour ce jeu resterait intacte des dizaines d’années après. Mais avant cela, laissez moi tout de même vous parler du jeu en lui-même. Sorti en décembre 91, Quackshot est le deuxième jeu Disney sur la console 16 bits de Sega après Castle of Illusion, et est développé en majeure partie par la même équipe.

Quackshot trouve son inspiration dans les histoires de Carl Barks, le père fondateur d’une partie de l’univers canardesque de Disney : à savoir Picsou, Géo Trouvetou, Canardville et consort. Carl Barks distilla dans ses bandes dessinées un coté aventure marqué, embarquant Picsou et sa bande à travers le globe dans des histoires plus rocambolesques les unes que les autres. Un aspect qui inspira largement le dessin animé « La Bande à Picsou » et qui inspira aussi pour l’anecdote la scène de l’énorme pierre poursuivant Indiana Jones dans les Aventuriers de l’Arche Perdue. Puisant dans ces histoires et renforcés dans leurs idées par le succès fulgurant du dessin animé et d’un certain Ducktales sur Nes, l’équipe de développement part sur le concept d’un « Donald Jones » téméraire en quête d’un trésor.

En effet, alors que Picsou fait la sieste, Donald trouve dans la bibliothèque de son oncle une carte incomplète menant au trésor du compte Garuza. Heureux à l’idée de devenir plus riche que son aïeul multimilliardaire, Donald va, aidé de ses neveux aux commandes d’un avion (plus safe qu’avec Flagada Jones on le comprend) se mettre en quête d’indices pour trouver ce mystérieux trésor.

Gameplay et niveaux

Sega réalise donc un jeu de plateforme qui vous invite à parcourir de multiples niveaux à la recherche d’indices et d’objets pouvant mener au trésor. Bon, ce n’est pas non plus un Zelda, les énigmes étant très accessibles, cependant l’aspect découverte et progression des objets confèrent un aspect différenciant fort appréciable au jeu. On cherche, on avance, on revient dans les niveaux affublés de nouveaux objets ou armes pour atteindre de nouveaux endroits.

Car oui, j’oubliais l’essentiel : ici Donald a un pistolet ventouse qui tire des…euh des ventouses du coup. Alors nulle question de déboucher les toilettes de tout Canardville, non, ici vos ventouses immobilisent les adversaires plusieurs secondes. En effet, parce que chez Disney on ne tue pas, il fallait trouver un moyen de contournement. Quoi de mieux qu’un débouche WC me direz-vous ? D’ailleurs, dans la même lignée, vous n’avez pas ici des vies mais des « essais », en effet, chez Disney, on ne meurt pas mais on réessaye. Pour revenir à notre pistolet WC préféré, ce dernier s’étoffera au fur et à mesure du jeu, il y a des ventouses plus puissantes à gagner et deux autres armes à découvrir : un lance pop-corn et un lance bulle, original je vous dis.

Vous ai-je aussi mentionné la capacité de Donald à glisser, disons même « slider » sur le sol d’une manière très cartoonesque ?! Pourtant il le peut, et nul doute que cela vous sera utile pour outrepasser certaines difficultés. Au-delà du mini aspect RPG-découverte, le jeu se paye le luxe d’inclure moult guests comme Géo Trouvetou, Dingo, de caster Pat Hibulaire dans de multiples cameo de méchants (coup de cœur pour son accoutrement en tant que grand-mère) et de vous faire affronter le comte Dracula !

Des 3 niveaux du départ, vous parcourrez pas moins de 9 tableaux presque tous aussi colorés les uns que les autres (les 2 derniers niveaux l’étant moins à mon goût) : allant de Canardville au pôle Sud en passant par la Transylvanie et par un train de mine Égyptien. Ajoutons à cela de superbes musiques, bon évidemment ce n’est pas le top 50, les thèmes bouclent d’ailleurs un peu trop rapidement, mais ils ont le mérite de coller parfaitement à l’action de chaque niveau, et, chose rare pour un jeu de première génération, il n’y a pas ce son métallique commun à tant de productions Megadrive. Vous aurez d’ailleurs forcément une mélodie préférée. (Qui a dit entêtante ?) Personnellement, j’ai jeté mon dévolu sur les mélodies du Mexique et du bateau Viking.

Au niveau des écueils, j’ai souvent lu des reproches sur la maniabilité, je n’ai personnellement pas de soucis avec et reconnais simplement qu’il faut quelques minutes pour s’habituer à la gestion des sauts de notre canard. On pourrait reprocher l’absence de multiple « path » ou de différentes fins pour un jeu qui a ce petit aspect RPG (évidemment pour un jeu de 1991, je pinaille). On peut en revanche critiquer son manque de boss. En effet, sur la totalité des 9 niveaux, vous n’aurez que 5 boss et j’inclus le boss de fin. Enfin, il est vrai qu’une fois l’ensemble des énigmes connues, la durée de vie du jeu en prend un coup.
D’un autre côté, le plaisir du jeu est tel que l’on relancera toujours avec un en train non dissimulé une petite partie.

Rendez vous très vite pour la suite et fin de ce Quackarticle où nous aborderons notamment l’héritage de ce jeu et…le projet de remake ! Mais chut n’en disons pas plus pour l’instant

– RetroBonheur – https://twitter.com/RetroBonheur

2 réflexions au sujet de « QuackShot sur Megadrive »

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