Tenchu : Stealth Assassins sur Playstation

yashide Par Yashide

Mine de rien, je commence à avoir balayé une part conséquente de mes meilleurs (et mes pires) souvenirs vidéoludiques. Car avec Tenchu sur Playstation aujourd’hui, ce n’est pas moins que le 4ème jeu issu de mon top 5 ultime qui fait l’objet d’un article sur Another Retro World (après Les Chevaliers de Baphomet, GTA Vice City et Illusion of Time). Et au moment d’entamer l’écriture sur ce monument de ma « carrière », un énorme dilemme. Dois-je me priver de l’occasion de rejouer au jeu pour me rafraichir la mémoire et prendre mes propres screens (une habitude et un devoir que je me fais depuis fin 2013), et ainsi garder mon « œil » d’origine sur le jeu ? Ou bien prendre le risque de souffrir et d’altérer, voire de ruiner mes souvenirs de ce jeu fantastique ?

Bon… Je suis un peu maso, donc j’ai opté pour la 2ème possibilité. C’est un problème que j’avais déjà expérimenté sur GTA Vice City, mais à une échelle infiniment moins importante. Je ne m’y attendais d’ailleurs pas vraiment en y rejouant, alors que là… Je sais pertinemment ce qui m’attend ! Autant être clair, à moins d’être très motivé c’est une purge sans nom d’y rejouer correctement aujourd’hui. Mais reprenons tout d’abord les choses dans l’ordre.

Tenchu : Stealth Assassins est une « simulation de ninja » développée par Acquire et éditée par Activision fin 1998 sur Playstation. « Stealth », le terme est d’emblée lâché, C’est un genre nouveau que je découvre avec Tenchu, celui de l’infiltration. Metal Gear Solid ne sortira que quelques mois plus tard en France donc je suis dans l’inconnue et l’excitation les plus totales au moment de la parution du test dans le Player One du mois de novembre. Une preview m’avait déjà mis l’eau à la bouche mais avec ce test arrivait la concrétisation de mes fantasmes de joueur ! Pour citer quelques passages, le jeu proposait des « sensations inédites », avec une « bande-son hors du commun », pour une immersion totale dans le Japon féodal, et des possibilités paraissant tellement réalistes et sans limites (cf le screen de l’encart Player One ci-dessous). Le testeur Reyda résumait les choses ainsi : « s’il ne vous faut qu’un jeu ce mois-ci, n’hésitez pas ! »

Tenchu nous propose donc de diriger Rikimaru ou Ayame, deux ninjas au service du (gentil) Seigneur Godha, pour le compte duquel il devront effectuer diverses missions allant de l’élimination d’individus corrompus à la libération d’otage en passant par la livraison de message ou l’infiltration d’un culte maléfique. Tout ça pour une dizaine de niveaux (contre 8 à l’origine en version Japonaise) à tenter de parcourir dans l’ombre, sans se faire repérer et en enchaînant les « stealth kills » classes / gores / jouissifs (pas de mention inutile à rayer ici). Car c’est bien là tout le sel de Tenchu. Exit les duels à la loyale, le principe de base étant la furtivité, notre shinobi/kunoichi a tout l’attirail et les compétences nécessaires pour mener à bien ses objectifs « proprement ».

Tout d’abord une panoplie d’objets d’attaque (shuriken, bombes, ..) ou de diversion (boulette de riz, bombe fumigène, déguisement ennemi, …) mais aussi et surtout le très indispensable grappin pour accéder aisément aux toits et niveaux supérieurs des niveaux (et accessoirement se suspendre aux rebords en cas de besoin). Ensuite, un « 6ème sens » hors du commun représenté par une jauge de ki pour connaître la distance qui nous sépare de l’ennemi le plus proche et d’un indicateur coloré qui traduit son niveau d’alerte (inconnu / bleu, alerté / jaune, conflit / rouge, …). Et finalement, le plus important et plaisant, leur capacité à tuer d’un seul coup les adversaires pris par surprise au travers de différents stealth kills en fonction de leur position par rapport à celui-ci. A noter que le rendu visuel de toute la palette de mouvements est particulièrement réaliste grâce à la participation de maîtres de ninjutsu à la motion capture.

Notre capacité (ou non) à remplir nos objectifs dans l’ombre est évaluée en fin de mission par un rang, caclulé sur la base de points attribués/déduits en fonction du nombre de fois repérés, de stealth kills, d’engagements en combat et de civil tués. Seuls les plus efficaces et les plus agiles des ninjas se verront octroyer le titre de « Grand Maître » ! Autant au début, les niveaux sont relativement fermés, courts et avec peu d’ennemis, autant le jeu se complique rapidement lorsqu’on se retrouve dans des environnements plus « ouverts » avec par exemple des forêts avec des ours ou des loups en plus des ennemis classiques ou des « gigantesques » (pour de la PS1 s’entend, ça reste tout de même des couloirs…) cavernes peuplées d’étranges créatures à moitié zombifiées.

Une seule exception à ce culte de la furtivité, les combats de boss durant lesquels on ne peut échapper à la confrontation directe. J’avais déjà évoqué l’un d’eux dans mon « top boss », en la personne d’Onikage, fidèle et terrifiant lieutenant du Seigneur Meioh, le grand méchant du jeu. Ces affrontements étaient d’ailleurs souvent synonymes de stress en raison des problèmes de jouabilité que j’évoquerai par la suite. Après avoir parcouru tout le niveau parfaitement, c’était rageant de mordre la poussière lors de l’affrontement final…

Contrairement à beaucoup de titres où j’étais relativement moyen et où je ne persévérais pas au-delà du raisonnable, j’avais même à l’époque réussi à rincer tout le jeu en mode Grand Maître à force de (très) nombreuses tentatives pour optimiser au maximum mes runs. Je connaissais les niveaux par cœur, les patterns des ennemis, les bonnes cachettes, les enchaînements de stealth kills les plus efficaces, … Et une fois le rang suprême atteint, je n’étais satisfait que lorsque TOUS les ennemis possibles étaient envoyés ad patres proprement. Et même après, il y avait encore la possibilité d’améliorer mon temps… Mon engouement extrême pour Tenchu est-il vraiment encore à démontrer ?

Cependant, le jeu n’est pas (loin de là) exempt de tout reproche, d’autant plus lorsque l’on ose tenter de s’y réessayer aujourd’hui. Et c’est là que mes grosses craintes pointées dans en intro ressurgissent de toute part. Pour commencer, je ne peux pas m’empêcher de citer les doublages français ridicule(ment savoureux)s. Voix de vieillard libidineux, voix se prétendant classe mais grotesque, ou voix de méchant digne de la VF de Nicky Larson, … Franchement, il y a de quoi bien se marrer même si l’immersion peut en prendre un sacré coup si l’on prend ça trop au premier degré. Si vous avez joué à (et aimé) Tenchu et que je vous dis : « On dirait que tu t’es incrusté dans la mauvaise soirée ! », il y a de bonnes chance que cela vous rappelle des souvenirs !

Autre point noir, la technique à la ramasse avec ses ennemis modélisés plus que grossièrement et surtout sa profondeur de champ infâme et ses décors dans le noir jusqu’au dernier moment. Même pour de la Playstation, ça la foutait un peu mal quand par exemple on avait Snake qui pointait le bout de son bandana quelques mois plus tard seulement… Et pour finir, le plus handicapant de tous avec un regard du 21ème siècle : le gameplay. N’ayons pas peur des mots, un gameplay totalement archaïque et rédhibitoire aujourd’hui, inhérent à tous les jeux de l’époque où le contrôle de la caméra n’existait pas. Que ce soit dans les déplacements, en mode furtif contre les murs ou pendant les affrontements, la déconvenue n’est jamais loin et il n’est pas rare de se planter lamentablement dans notre progression à cause de cet aspect. Que ce soit clair, je mets au défi quiconque se relancerait dedans aujourd’hui de se la jouer discret, à moins de très nombreuses heures de « recalibrage » et d’une persévérence hors du commun. Personnellement en tout cas, la majorité des face à face avec des ennemis se terminaient en confrontation directe plutôt qu’en stealth kill, et j’ai même mis une bonne dizaine d’essais pour terminer le niveau tuto en mode grand maître…

Pour dire un dernier petit mot sur la suite de la série, ayant adoré le premier volet, Tenchu 2 : Birth of the Stealth Assassins (une préquelle) est un jeu que j’ai énormément attendu, qui est certes un peu décevant que le 1 car moins révolutionnaire, mais tout de même très plaisant pour un fan de la première heure (un futur article sur Another Retro World n’est pas donc pas à exclure ^^). Le 3ème épisode, « La colère divine », le premier sur Playstation 2 est également un jeu que j’ai adoré, notamment grâce à l’ajout du personnage Tesshu, le médecin assassin qui terrasse les ennemis au corps à corps en leur brisant les os ou les organes, avec des clichés en mode rayon X pour appuyer la violence des stealth kills (principe repris ces dernières années dans Mortal Kombat). Arrivé à l’épisode suivant, « Fatal Shadows », mon intérêt a disparu en raison de la profusion de jeux sur PS2 obtenus peu légalement… Gravage intensif = trop de jeux = jeux auxquels on ne joue jamais qui pourrissent sur une étagère… Pour faire du plus récent, je ne peux manquer de vous conseiller Aragami, véritable suite spirituelle de la saga Tenchu, un de mes coups de cœur sur PS4, et si le temps me le permet je compte également me faire Shinobido 2 sur PS Vita, développé par, surprise, Acquire !

Allez pour conclure, parce que j’ai fait relativement longuet aujourd’hui, Tenchu est un jeu à l’ambiance géniale, au gameplay innovant pour l’époque, et parfait pour réveiller vos plus bas instincts sadiques au travers des stealth kills. Un jeu qui restera gravé dans ma mémoire et qui n’est pas prêt d’être délogé de mon top 5 ever ! Et pour ceux qui le découvriraient ici et seraient éventuellement attirés, je ne peux, vous l’aurez malheureusement compris, pas vous conseiller d’y jouer sous peine de crises de nerfs. Regardez plutôt des vidéos et laissez-vous tenter par Aragami ! 😉

– Yashide – https://twitter.com/lardon_83

 

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