La saga ISS : Epoque Playstation 2 (Partie 3)

yashide Par Yashide

Si ISS sur Super Nintendo représente les années collège, ISS Pro Evolution sur Playstation les années lycée, il fallait forcément passer le cap pour les années fac (désolé pour les fans, je ne parlerai pas de la sitcom du même nom aujourd’hui). C’est donc sur Playstation 2 que la série ISS Pro Evolution revient de plus belle, avec une nouvelle appellation : Pro Evolution Soccer. Le nom a changé afin de différencier clairement les productions des 2 studios de Konami, KCEO (Osaka) qui garde l’acronyme ISS pour les jeux plus orientés arcade (les « originaux » sur Super NES, les épisodes N64, …) et la toute nouvelle dénomination PES pour KCET (Tokyo) pour les épisodes « simulation » dans la lignée des ISS Pro Evolution sur PS1. En bon fanboy de la série et lecteur de Joypad matraqué au fil des mois par les news, previews ou tout autre occasion possible et imaginable de parler du nouveau volet « Pro Evolution Soccer », il ne m’en fallait pas plus pour me pousser à claquer 350€ dans l’achat de la nouvelle bête de Sony, puisque c’est LE jeu, avec Metal Gear Solid 2, qui m’a fait franchir le pas de la next gen en 2002.

Comme je le disais en intro de la première partie de ce « dossier ISS », je ne vais pas détailler chaque jeu (ce serait trop long et pas forcément intéressant), ni même forcément parler de gameplay ou de technique comme j’ai pu le faire sur les générations précédentes (on est complètement dans l’héritage de ISS Pro Evolution avec lifting de rigueur, et le passage d’un opus à un autre relève plus de la mise à jour qu’autre chose). Je voudrais plutôt prendre tous les épisodes auxquels j’ai joué, c’est-à-dire PES 1 à 5 ainsi que quelques épisodes de Winning Eleven en Japonais, comme un tout, une expérience globale qui a perduré sur toute ma scolarité à la fac (entre 2002 et 2006), et en ressortir les éléments et les anecdotes marquantes.

Après quelques parties pour prendre le jeu en main et jauger les subtilités apportées au gameplay entre chaque volet, le réflexe était toujours de s’orienter sur le mode Entraînement, notamment pour travailler et parfaire certaines phases de jeu et notamment les coups francs. Les techniques les plus efficaces variant selon les épisodes (Du coup franc en force à ras de terre sous le mur qui saute bêtement, à la frappe enroulée ou en force côté gardien, merci Wesley Sneijder) et l’exercice étant toujours assez compliqué, il fallait absolument passer par des centaines de frappes dans toutes les positions pour aborder sereinement l’exercice en condition réelle, et ainsi se procurer un avantage non négligeable face au CPU ou un adversaire pas assez entraîné. Une répétition pouvant paraître laborieuse, souvent très utile pour découvrir plein de possibilités parfois improbables comme le mythique Drive Shoot à la Captain Tsubasa qui permettait dans une des éditions de marquer facilement du milieu de terrain en utilisant le bouton R2.

Tous ces jeux étaient certes quasi parfaits, ou en tout cas répondaient exactement à mon besoin d’afficionado de foot, mais il faut avouer que question nouveauté, il ne fallait pas trop compter sur PES. Les modes de jeux sont restés identiques, tout au long de la série, aux innovants épisodes Playstation, et le plus intéressant en solo restait bien évidemment la Master League, dont les possibilités s’étoffaient quand même au fil des ans. Le grand défi était de jouer dans la difficulté la plus élevée tout en conservant tout le temps l’équipe de base, constituée de joueurs devenus  emblématiques dans la mythologie PES. Les Castolo, Huygens et autres Miranda rappelleront forcément des (bons ?) souvenirs aux joueurs qui ont pratiqué sur PS2. Il fallait les chouchouter les tocards, et s’appuyer sur le peu d’atout que chacun possédait, un joueur un peu rapide, un autre à la précision de frappe relativement bonne, un grand costaud, … Et entre des possibles crises de nerfs une vraie satisfaction de mener aux sommets une équipe pire que l’OM cuvée 2015-2016.

Bon c’est bien joli mais une fois les heures d’entraînement avalées et l’expérience engrangée à la sueur des doigts sur les modes de jeu en solo, il est nécessaire de se confronter au monde et prouver que les raclées collées au CPU en Hard avec une équipe faible ne sont pas que de la fanfaronnade ! Heureusement, l’âge avançant, les possibilités de se faire de vrais tournois des soirées et des nuits entières deviennent réalité. Les adversaires se multiplient, les styles de jeu aussi. Avec parfois des surprises, des personnes très fortes au style qui me convient parfaitement et que je domine sans problème, d’autres en apparence moins expertes mais qui ne me réussissent définitivement pas… Bref cela me changeait de l’époque lycée où j’avais essentiellement 2 adversaires attitrés. D’ailleurs, je ne peux m’empêcher de vous préciser que j’ai un jour complètement laminé Toji, même si sa mémoire sélective a occulté cet épisode et qu’il refuse toujours de l’admettre aujourd’hui… Je ne me souviens plus du score mais c’était quelque chose comme 8-0.

Dans la même veine, on parle d’un temps où le online sur console n’existait pas, et les possibilités de rencontrer toujours plus d’adversaires différents étaient limitées. Alors certes la PES League faisait à cette époque son apparition mais je n’ai jamais tenté d’y participer (même si je pense assez modestement que j’avais le niveau pour ne pas être ridicule). Pour compenser autant que possible, je participais à une Ligue Virtuelle, un principe en fait complètement aberrant, celui de jouer chacun de son côté des matches dans certaines conditions et de publier les résultats sur un forum. Premier arrivé, premier servi en matière d’équipe, je m’étais notamment une fois retrouvé avec Leeds. Je ne sais pas si tout le monde jouait de manière honnête tant les 8, 9-0 fleurissaient sur les pages de résultats, mais je m’éclatais finalement assez à lutter avec mon équipe moyenne et gagner mes matches, même sur un score plus raisonnable que mes adversaires virtuels, sous l’impulsion de mes stars Australiennes Mark Viduka et Harry Kewell.

Et j’ai gardé le gros morceau pour la fin… Je ne pouvais pas omettre de parler d’un aspect que j’ai déjà évoqué pour ISS Pro Evolution : la customisation. L’absence récurrente de licences officielles « m’obligeait » à passer des heures à modifier non seulement les noms des joueurs, mais également au fil des éditions les logos, recréés pixel par pixel en me basant sur des créations d’acharnés sur divers forums, ou encore les maillots. Et oui, à cette époque, pas de patch correctif ou de package créé par un « moddeur » dans son coin, téléchargeable et applicable pour mettre à jour son jeu (enfin ça devait probablement quand même exister en piratant les jeux et en modifiant les fichiers à graver…). Si  vous voulez mon avis de vieux con aigri : c’était le bon temps !

En plus de cette custo « réelle », il y avait un pan tout aussi important que j’appellerai la custo « perso ». Certes il m’arrivait par le passé de remplacer les joueurs d’une équipe quelconque (par exemple les Emirats Arabes Unis dans ISS Pro Evo) pour y mettre mes potes, mais on a maintenant sur PS2 la possibilité de créer des équipes à part sans « pourrir » les vraies. Je ne manquais donc pas à chaque fois de créer ma traditionnelle bande de copains, mais également une équipe Joypad, constituée de mes « idoles » de l’époque qui m’avaient de surcroît transmis le virus et la passion ISS Pro Evolution. Impossible donc de ne pas leur rendre hommage en leur consacrant une équipe.

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J’étais aussi à ce moment-là dans ma période de redécouverte de Captain Tsubasa (aka Olive et Tom). Outre les épisodes du dessin animé, je me suis intéressé à la suite de l’histoire de base grâce aux mangas dans lesquels j’ai découvert de nombreux nouveaux joueurs extraordinaires. Je passais donc un temps incroyable à peaufiner la création d’équipes composées de joueurs issus de cette mythique série. Niveau acharnement, je m’approchais de ce que j’avais connu sur les Championship Manager. Je commençais par un listing de tous les joueurs notables de chaque équipe, avant d’être contraint à faire une sélection drastique pour ne garder que les plus importants tout en assurant une cohérence au niveau de la formation. Bon parfois j’étais obligé d’improviser et de reléguer des attaquants à des postes moins en vue… Ceci dit, c’est ce qu’il se passait avec l’équipe du Japon dans le manga ! Je couchais donc les stratégies sur papier, avec les caractéristiques détaillées pour déterminer les notes que je voulais attribuer à chaque joueur… Je ne risquais pas de m’ennuyer en cours ! Le tout retranscrit ensuite en fichiers Excel (ci-dessous des extraits d’un fichier que j’ai retrouvé, créé pour PES 2008) avant d’être reproduit dans le menu Edition de PES. Et je ne vous parle même pas du casse-tête pour faire s’approcher au plus près de la « réalité » question physique, visage et coupe de cheveux ! Pas évident pour des persos de manga.

Au final, 2 équipes dédiées étaient créées, celle du Japon (avec notamment Wakabayashi dans les buts, Misugi en libéro, Tsubasa et Misaki la « Golden Combi » dans l’entre-jeu et bien entendu  le féroce Hyûga à la pointe de l’attaque), et celle des All Stars du reste du monde, essentiellement composée de joueurs Européens (Schneider, Napoléon, Fernandes, …) et Sud-Américains (Santana, Diaz, Victorino, …) avec 1 ou 2 Asiatiques en complément (Shunkô Shô). Évidemment, ces équipes étaient complètement cheatées, la plupart des joueurs ayant des notes qu’envieraient même les plus grandes stars du jeu. Débordements éclairs, dribbles chaloupés, tirs surpuissants, on s’en donnait à cœur joie avec mon partenaire de jeu privilégié David, un enfant que ma mère gardait. Alors certes il avait à peine 12-13 ans à l’époque et moi des centaines d’heures d’expérience de plus que lui sur les différents PES, donc je jouais un peu en dilettante juste pour le délire. Mais il ne se démontait pas pour autant et au bout du compte il lui arrivait quand même régulièrement de me donner du fil à retordre et c’est ce qui rendait nos affrontements mémorables.

Après toutes ces intenses émotions, ces centaines d’heures (au bas mot !) passées sur les différents épisodes de la franchise, du tout premier ISS sur Super Nintendo jusqu’au dernier épisode exclusif à la PS2, j’ai tenté de prolonger l’expérience une fois la PS3 en ma possession. Malheureusement, le manque de temps et la nette baisse de qualité des nouveaux PES ont eu raison de ma passion. J’en ai bien acheté 2 ou 3 depuis PES 2008 et je ne cache pas que j’ai parfois envie d’acheter le volet annuel, mais je n’ai plus la motivation de m’investir autant, de passer des dizaines d’heures dessus, et surtout, je n’ai plus l’adversaire adéquat pour jouer en local et m’éclater autant que sur PS2. Je ne peux pas non plus occulter le fait que l’intérêt que je porte à ce sport est différent aujourd’hui. Même si je suis toujours de près tout ce qu’il se passe dans la sphère footballistique, le fait d’être au courant des à-côtés et des dérives, fait que je ne suis plus vraiment enthousiaste à l’idée de passer des heures aux commandes d’équipes dont les joueurs ne me font clairement plus rêver. Quitte à choisir, je préfère donc me relancer occasionnellement une petite partie en souvenir du bon vieux temps ! Et vous l’aurez constaté si vous êtes parvenu jusqu’au bout de ce « dossier », en plus de 10 ans de pratique acharnée d’ISS, question souvenirs, il y a de quoi faire ! 😉

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– Yashide – https://twitter.com/lardon_83

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2 réflexions au sujet de « La saga ISS : Epoque Playstation 2 (Partie 3) »

  1. Un vrai ISS geek ! Tu es au courant ? Il parait que la France a gagné la coupe l’été dernier. J’avoue être passé un peu à côté malgré moi… toute une histoire. J’ai encore aujourd’hui revu la pub nike de 94, les choses ont changé mais l’esprit y est :

  2. Ça me rappelle les après-midi que mon grand frère passaient à (re)créer la New Team & co sur FIFA 97! Pour au final ne même pas jouer du tout!!! 😀

    Quoiqu’il en soit, je suis épaté par le sérieux de ton entrainement sur un jeu vidéo! Pour ma part, j’ai toujours eu du mal à « faire des devoirs » pour un jeu… Et encore plus maintenant que le temps libre est devenu rare!

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