Souvenirs de gamers frustrés N°11 : Chakan sur Megadrive

melkiok Par Melkiok

Bonjour à tous,

Vous commencez maintenant à être habitués à cette thématique du Gamer Frustré où nous vous faisons partager de façon rétroactive et quelque peu antidatée nos déboires ludiques.

Je vais évoquer ici un rendez-vous manqué avec un jeu d’exception, précurseur dans son genre et qui inspira bon nombre de productions vidéoludiques par la suite et qui accessoirement à donné son nom à notre blog.
Je veux bien sur parler d’Another World !

En fait pour être tout à fait juste la frustration qui va vous être contée sera double puisque ce jour d’octobre 1993 je fis l’acquisition en plus d’Another World d’un autre titre largement moins resté dans les mémoires, à savoir Chakan.

Remettons nous donc en situation.

Comme évoqué ici, à l’orée de l’an 1993 je débutais ma longue carrière de consoleux avec l’achat compulsif et clandestin de ma Megadrive qui avait tant obsédé mes pensées.

Bon je passais des moments délicieux avec mon ami Sonic qui était bundelé (j’aime les néologismes idiots) mais à force de refaire ces niveaux en long en large jusqu’à plus soif je finis par avoir l’ambition de m’adonner à d’autres genres que le plateformer de base si réussi soit-il.

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Il n’est pas encore temps d’évoquer ici la véritable claque que je pu recevoir avec ma seconde acquisition gaming pour cette console à savoir Street of Rage 2 (moi et mon addiction du Beat them all commença dès l’Amstrad bien des années auparavant) car cet article aura besoin d’un degré de maturation à la hauteur des louanges qu’un tel monument mérite.

Bref assez de digressions, je devais donc nourrir cette chère 16 bits avec du contenu et au détour d’un samedi courses chez Leclerc je me mis en quête de fouiner dans les bacs « Offres spéciales » du rayon console.

Je tombe sur deux Titres à 100 Francs chacun.
Another World je me souvenais bien en avoir lu des tests plus qu’enthousiastes dans la presse JV que j’achetais avidement chaque mois.
Quant à Chakan je savais qu’il s’agissait d’un jeu moyen (cf Test de Player One ici) mais je me disais que ma foi pour 100Fr je pouvais bien tenter le deal.

Je repars donc surexcité de cette banale activité de courses familiales avec une seule hâte, enclencher chacune de ces nouvelles cartouches dans ma Megadrive adorée.

Chakan :

Les origines et la genèse :

Chakan provient d’un comic né de l’imagination de Robert Kraus.
Complètement inconnu en dehors des States (tout comme un nombre incalculable d’Anti-Héros du style Lobo par exemple), les aventures de Chakan ne se concrétiseront en jeu vidéo que lorsque Mr Kraus rencontrera un certain Ed Annunziata au détour d’une convention.

 

Ed Annunziata ? Oh tout simplement un des Papa de la saga Ecco le dauphin.
Il fait donc le grand écart en 1992 entre la zenitude des profondeurs des Cétacés et l’univers sombre et désenchanté du Forever Man.

Le Pitch & Infos factuelles :

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L’ami Chakan un jour où il n’a rien à faire se dit que ça serait sympa de défier la MORT en combat singulier.
Pourquoi pas il faut de l’ambition dans la vie.
Challenge accepted comme on dit la mort débarque et lui promet la vie éternelle si il parvient à lui mettre la pâtée. Bingo Chakan sort victorieux mais comme rien n’est simple dans la vie avec la MORT (what?) elle lui jette la malédiction suivante : Une vie éternelle de souffrance.

On incarne donc Chakan qui, dans sa volonté de s’affranchir de la malédiction qui l’étreint, va devoir purifier les quatre Plans Terrestres, le Feu, l’Eau, la Terre et l’Air (sous divisés en 3 niveaux chacun) en se débarrassant bien évidement de chacun des Gardiens de ces plans.

Une fois ceci fait on accède à la seconde partie du jeu que sont les quatre Plans élémentaires. Rebelote avec le découpage avec 3 niveaux et un boss pour clore le tout.

Un total donc de 24 niveaux ce qui est ma foi assez conséquent pour un Beat em all classique.

Sauf que Chakan n’a rien de classique dans son déroulement et ça je l’ai découvert avec mes yeux d’enfant innocent à mes dépends…

Mes impressions de l’époque :

Bon je vous le dis tout de go, le jeu m’est rapidement tombé des mains.
Le principe est tellement particulier et à fortiori punitif que malgré la motivation de la nouveauté je perdis vite patience et motivation pour envisager de pouvoir progresser…

Jugez plutôt :

On démarre dans un Hub, où l’on pourra choisir l’ordre des niveaux à loisir, comme dans la série Megaman.

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Au moment de se lancer dans un stage, un sablier apparaît à l’écran où le sable s’écoule inexorablement.

Hum ok pourquoi pas…mais quelle punition se cache derrière ce temps qui s’égrène ? (à chaque fois que l’on revient au Hub il garde en mémoire l’écoulement).

Eh bien par exemple quand Chakan est au troisième Stage d’un Plan et qu’on arrive à 0…ON RECOMMENCE TOUT LE PLAN, CHAQUE NIVEAU. Ennemis et Boss compris of course.


Et puis même en faisant abstraction de cette mécanique de jeu castratrice et semi rogue like le jeu est dur ! Et ce même en Easy . Maniabilité pas du tout optimisée, sprite du héros empoté, ennemis hostiles et insatiables placés de telle manière à provoquer les pires crises de nerfs, level design favorisant les chutes à gogo. BREF ce jeu est un vrai sacerdoce.

Pourquoi un jeu si impitoyable ? Il faut juste chercher du côté du Directeur du projet sieur Annunziata qui fut tellement frustré étant enfant des jeux se terminant en 1 week end qu’il eu a coeur de réaliser un Dark Soul avant l’heure !

Les témoignages que l’on peut recueillir sur les internet sont d’ailleurs assez édifiant : « MIND-BLOWINGLY DIFFICULT » – « too ridiculously hard »
Ce jeu est d’ailleurs mentionné comme un des jeux les plus dur de la 16 bits de SEGA ! (je connu d’ailleurs la même frustration quelques années plus tard en me frottant à Probotector).

Pour moi fraîchement débarqué de mon Amstrad et ses petits jeux d’arcades aux mécaniques simplettes (bon certes on ne va pas causer de Cauldron ou alors du dernier niveau de ce cher Ghosbuster II…) ce fut un choc assez violent.

A tel point qu’au bout de 3 ou 4 sessions de jeux je finis par remiser la cartouche au fond d’une étagère où elle dort encore d’ailleurs 22ans plus tard.
Désolé Ed mais là tu as déconné !

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A suivre prochainement pour le debrief frustré d’Another World !

– Melkiok – https://twitter.com/melkiok

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2 réflexions au sujet de « Souvenirs de gamers frustrés N°11 : Chakan sur Megadrive »

  1. Il me tarde de lire le test sur Another World, auquel j’ai rejoué il y a six mois pendant une réunion très ennuyeuse : je l’ai fini d’une traite tellement je m’en souvenais bien ! Mais je n’ai jamais eu le temps d’en faire une rétrospective, cela le mériterait pourtant.

  2. quel teasing honteux pour Another World! 😮

    Chakan m’a laissé plus ou moins le même souvenir que toi, même si je lui ai donné plus de chances que toi.
    Labyrinthique, voire cryptique avec ses armes à ramasser et ses fins de niveaux qui n’ont pas l’air d’en être… Et je ne parle même pas des différents à ramasser pour pouvoir déclencher les power up indispensables à la progression!
    Une fois tout ça (durement) assimilé, il reste un jeu hyper dur sur lequel je me suis bien cassé les dents!
    L’analogie avec Dark Souls est très bien vue, sauf que dans Dark Souls, tu peux sauvegarder et faire monter les stats de ton perso!
    Ce Chakan n’était clairement pas un bon jeu mais il a été marquant, presqu’autant que le logo SEGA qui s’enflamme avec une horrible voix digit quand on lançait le jeu!

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